Le "hazard" de l'avenir...

Publié le par Friche(s)

Récapitulons,

le charbonnage du Hasard est scindé en deux parties :
- une bâtie, le charbonnage en lui même, avec ces différentes strates architecturales nous informant sur périodes d'exploitations des ressources minières. Il comprend aussi le réseau souterrain des galeries accessibles depuis les différents puits (de 1 à 3). On peut également ajouter le château de Saroléa.
- une non-bâtie, c'est l'ancien site annexe (démoli), permettant l'acheminement jusqu'aux voies de transport ferroviaire et fluvial. C'était un complexe qui mobilisait toutes les infrastructures nécessaires autres que l'extraction du minerai.

PlanHasard.jpg

Pour plus d'informations sur l'histoire, consultez l'excellent article, la paire de Cheratte.

Suite à quelques lectures et quelques recherches, j'ai trouvé de nouvelles informations.
Sur le site de IPW ( Institut du Patrimoine Wallon ), j'ai trouvé les renseignements concernant les limites de la propriété et du classement, mais aussi sur le projet du propriétaire (privé), qui a l'air toujours d'actualité, même si purement économique.
La démolition du Puit n°2 n'était qu'une étape dans l'assainissement du site !!!
Le projet de réaffectation mobilise un partenariat public-privé entre la Ville de Visé,  la SPI+, de l’IPW, ainsi que de la Direction de l’Aménagement opérationnel.

Ces acteurs peuvent fournir des documents de prescription urbanistique. Le Schéma Directeur et ses valeurs indicatives, indiquent, une zone d'intérêt culturel et historique sur l'ensemble bâti, et une ZACC sur l'ensemble non bâti.

Les parties classées concernent le phalanstère (façades et toitures), tour n° l, salle des machines, puits d’air dit la « Belle Fleur » comme monument ; charbonnage, colline boisée, cité-jardin et alentours comme.

Les propriétaires sont :
M. Lowie (ferrailleur), ensemble bâti avec le château de Saroléa !!!
Une société d’habitations sociales, pour la cité jardin...
Commune de Visé pour les terrains publics adjacents (j'espère que cela concerne le site annexe).


Bref, toutes ces infos indiquent un site temporairement délaissé, plutôt qu'un lieu véritablement abandonné, un projet semble en cours, il est sans doute passé sous silence pour ne pas attirer la controverse. 

 

Les principales pistes d'un projet alternatif sont (pour l'instant) :
- L'accessibilité de l'ensemble bâti (partielle, exclusive, événementielle ?).
- Création du point de la vue panoramique au somment d'un puits (public ou semi-public ?).
- Restauration partielle et évolutive du charbonnage (mise en exergue de l'avant/après ?).
- Restructuration partielle du bâti (pour des questions de sécurité et/ou de sauvegarde ?)
- Réhabilitation partielle du bâti (décentralisation de la salle consacrée au charbonnage du Hasard du Musée de Visé)
- Triangulation de la zone d'écotourisme pour l'archéologie industrielle (partenariat avec Blégny-Mine)
- Connexion souterraine avec Blegny-mine (rendre accessible les 6km de galerie).
- L'accessibilité de l'ensemble non bâti (Accès ferroviaire à réactivé, connections au RAVeL, accès fluvial à développer ?).
- Aménagement paysager (et architectural?) du non bâti pour la mise en valeur du patrimoine bâti.
- Assainissement des sols de la "Paire aux bois".
- Réactivation de la mémoire de l'ancien site annexe, en végétalisant en négatif le tracé du complexe démoli.
- Recomposition des éléments non démolis (Ruines, monticules...)
- Extension du parcours historique, vers la cité jardin, le château de Saroléa, le phalanstère, la "Belle-Fleur", ou le port privé pour créer une promenade culturelle à l'échelle urbaine.
- Dispositif de visite virtuelle (Parties du Charbonnage non accessible et/ou galeries souterraines).

En fonction des possibilités réelles et des éventuelles complémentarités de ces pistes, il y a pour l'instant co-existence de deux projets.

L'un réaliste et minimaliste, se posant comme un projet transitoire dans l'histoire à venir du site. Un projet éphémère, qui rend visible le présent, avant que cet instantané romantique ne disparaisse à jamais.
L'autre utopique, et spéculatif se posant comme une réelle alternative au projet en cours. Un projet s'inscrivant dans une     politique urbaine qui à peu de chance de voir le jour, mais qui propose une gestion future de ce patrimoine plus contemplative et culturel que strictement économique.

Sur la première hypothèse :
Je m'intéresse en fait plus particulièrement à cet espace vide de "la paire au bois" car mon parti-pris dans ce projet, est de me distinguer des réhabilitions devenues conventionnelles, du genre muséification / lieux culturels. Cependant je n'exclus pas la possibilité d'avancer une délocalisation, de l'actuel Muséarchéologieigie de Visé dans le charbonnage. Mais en fait si je voudrais plus clairemréinvestirstir les fruits de nos analyses, mon intention est de ne pas toucher au bâti, d'en créerinstantanénané peut être en parrestauré,auré mais obligatoirement sauvegardé.
L'accessibilité évènementielle ou les visicontrôléeslées sont encore une zone d'ombre, en tout cas actuellement.
Dans cette optique là, étant quand même en école d'architecture, je compte plutôt requalifier la parnon bâtiebâti par un aménagement hybridant, architecture, paysage et art dont l'objectif serait la mise en valeur de cette perle du patrimoine industriel bâti. 
J'imagine pour l'instant une sorte de parc dont le parcours se baserait sur l'atmosphère particulière, l'aura de ce lieu, c'est en tout ce que j'ai ressenti, et ce que j'aimerais partager au travers de ce projet. La sensation d'un espace hors du temps, figé dans l'attente, et tellement agréadue le rythme intensif de nos villes.
L'enjeu du projet est ici, inverser le processus, intervenir le moins possible sur l'objet bâti en se préoccupant majoritairement de ce qui à déjà était détruit.Dans cette action pour le moisns acétique, j'envisage aussi là possibilité, que cette intervention la plus minimale possible (et à moindre coût), soit éphémère, un moment de transition dans l'attente du véritable projet, celui qui change le statut de cet espace. Si réalisable, cela pourrait être un moyen de faire venir les gens et de les sensibiliser à ce patrimoineilsu'il oublient ou méconnaissent, afin de les mobiliser et pourquoi pas, indirectement les faire participer à la sauvegarde ce fragment de leur passé, de leur histoire collective.
Voila en quoi consisterait cette hypothèse de projet que je n'ai pas encore spatialisé.

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anne cha 28/02/2011 18:21


c'est vraiment top, clair et bien écrit!!! je valide!!! le projet futur va vraiment se réaliser ou c'est de la pure utopie??


AP 06/03/2011 15:09



Comme s'est dit il y a ces deux options... L'utopie me semble adaptée à notre analyse, et notre vision de la friche. A choisir vite ^^!