Destruction Créatrice

Publié le par Friche(s)

Pas de répit pour la friche même en cette période blocus. Nous avions introduit dans notre petit manifeste de la friche (voir article x = Le tiers-espace ) que toutes créations généraient une part de résidu. La destruction créatrice est donc un phénomène inhérent et parallèle à tout acte créatif. Loin d'être un processus nouveau, cet épiphénomène binaire et paradoxal a même fait l'objet d'une théorie économique portant le nom de destruction créatrice, énoncée par Joseph Schumpeter dans "Capitalisme, socialisme et démocratie" en 1942.

D'après cet Autrichien ce concept tiré de l'enseignement de Nietzsche et appliqué à la science économique exprime le processus par lequel la nouveauté rend moins performante, voire obsolète, une technologie antérieure. Il s'agit d'une manifestation intrinsèque à la production capitaliste et joue le rôle de moteur essentiel à la croissance économique et alimentant la compétitivité.

Cette théorie pose la problématique de la justification de la rentabilité et de ses profits. Conformément à ce que les sciences humaines appellent la perfectibilité et qui impose l'amélioration matérielle, Schumpeter répond par cette même volonté perpétuelle de progrès et d'innovation comme fruit de l'économie. Dans ce cas, il ne peut que préconiser le réinvestissement des bénéfices dans la recherche pour l'innovation. Cette notion très puissante a déjà abouti à la disparition de secteurs d'activités conjointement à la création d'une nouvelle activité économique. Dans cette optique, les friches industrielles en sont l'exemple le plus explicite.

Par conséquent, la destruction créatrice peut générer des monopoles autant que leur destruction. L'étendue de sa portée oscille entre l'optimisme envers le progrès et la part de pessimisme du risque induit par ce dernier. Schumpeter voulait mettre en évidence le rythme de l'évolution économique et de sa phase de croissance cyclique. Il revendique même les crises et les révolutions techniques comme faisant partie intégrante et nécessaire du cycle de vie économique.

On peut donc voir dans la crise actuelle une promesse de croissance future. En effet, la destruction créatrice initie la force motrice de la recherche innovante dans la création de nouveaux marchés pour relancer l'économie. Cependant, la notion de cycle induit que le secteur créé connaitra une forte expansion jusqu'à saturation par la concurrence. Les risques augmenteront et le marché perdra de sa valeur jusqu'à une nouvelle crise ou révolution technologique.

Remis dans un contexte actualisé, cette théorie, nous indique dans la crise des subprimes de 2008, les prémices d'un inévitable effondrement du capitalisme par une sclérose interne et qui le rendra peut être bientôt désuet tel que l'aimer à l'entrevoir Karl Marx. On peut aussi voir dans cette notion, la naissance même du palimpseste ainsi que la justification et la raison d'être de l'ensemble des membres de la grande famille du tiers espace. Et pourquoi pas tenter d'explorer la destruction créatrice (autant que la création destructrice) dans la projection architecturale.

J'aimerais conclure cet article par deux exemples éloquents postés successivement sur le site d'inspiration quotidienne, Fubiz. Comme quoi dans l'absolu, ceci explique cela...


CECI :


ET CELA :
http://www.marchandmeffre.com/detroit/00.jpg
http://www.marchandmeffre.com/detroit/01.jpg
http://www.marchandmeffre.com/detroit/08.jpg
http://www.marchandmeffre.com/detroit/10.jpg
http://www.marchandmeffre.com/detroit/22.jpg
Vous pouvez retrouver l'ensemble de ce fantastique travail photographique "The Ruin of Detroit" sur le site web d'Yves Marchand et Romain Meffre.

Publié dans Textes

Commenter cet article

(Clovis Simard,phD) 05/03/2011 20:51


Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-13: SODOME ! THÉORÈME DE SODOME

LES MATHS DU PLAISIR ?

Cordialement

Clovis Simard


AP 06/03/2011 15:07



Merci à vous,


je vais de ce pas venir lire ceci.


Cordialement